Rome, de la République à l’Empire (IIIe s. av. J.-C. – IIIe s. après J.-C.) PDF

Il prit des limaces de cuivre, les mit dans une bourse de cuir et l’appela follis; et les gens ont commencé à passer ces poches en avant et en arrière comme valeur.


C’est l’histoire de la mutation, de cette révolution romaine de la République à l’Empire que racontent deux des meilleurs spécialistes français de l’Antiquité romaine, en écartant bien des clichés et idées préconçues. Ce livre est la somme complète et mise en perspective des deux précédents ouvrages de leurs auteurs (Le Haut Empire, par Yves Roman, et La République impérialiste, par Danièle Roman).
Dans ses structures mentales ou matérielles, le monde des hommes et des femmes de l’Antiquité est relativement éloigné du nôtre. Toutefois, pour nous, ces vies sont largement diseuses d’histoire, notre civilisation étant pour partie bâtie sur la leur. Tour à tour riche, guerrier, pacifique, parfois impérialiste, le vécu des hommes de cette époque dépasse ainsi le rôle de l’héritage pour être un fragment de l’histoire humaine.
L’Antiquité, une histoire est une collection d’initiation pour tous ceux, étudiants ou non, qui veulent essayer de comprendre l’histoire des mondes anciens de la Méditerranée. Les Romains détestaient la monarchie. Pour eux, notamment pour les grands, elle était synonyme de tyrannie. L’attachement à la République, une république oligarchique d’un type particulier où l’égalité n’était pas celle des hommes mais celle des groupes (« égalité géométrique »), était ainsi quasiment viscéral. Pourtant la République mourut, en raison de son incapacité à gouverner la Méditerranée et de son impossibilité à réduire les ambitions de quelques-uns. Il est vrai que ceux-ci avaient trouvé ailleurs, dans un Orient grec détesté à Rome, les fondements d’une idéologie nouvelle, tyrannique ou monarchique qui, bien vite, eut l’appui de la plèbe de la Ville. C’est l’histoire de cette mutation, de cette révolution romaine que raconte ce livre, étant entendu que, les grands demeurant attachés aux formes de gouvernement du passé, l’émergence, claire, d’un nouveau régime dura des siècles, avec des tentatives étonnantes d’avancée vers la monarchie absolue, comme sous Caligula ou Néron.
Alors, d’un point de vue sénatorial, la meilleure forme de résistance fut de répandre partout l’idée que ces principes étaient fous, ce que les historiens acceptèrent, sans raison véritable, durant deux mille ans. Dans le même temps voguaient les bateaux, parfois presque aussi grands que ceux des Génois, un millénaire plus tard, tandis que de riches commerçants, plus ou moins bien insérés dans le tissu social, s’enrichissaient encore, discrètement. La roue du moulin, que l’on crut, longtemps et à tort, férocement archaïque, délivrait son chant et son huile, actionnée par des générations d’ânes. Car, nonobstant ce qui fut dit, le progrès technique n’avait pas déserté Rome. Quant aux combats politiques, ils ne doivent pas nous empêcher d’espérer — espérer seulement — entrevoir la totalité de l’histoire.

Très importante était la province impériale d’Egypte, la principale corbeille à pain de l’Empire, dont l’approvisionnement en céréales était vital pour nourrir les masses à Rome. Maintenant, une chose intéressante avec toute cette inflation devrait être un grand réconfort pour nous: les historiens des prix dans l’Empire romain sont arrivés à la conclusion que malgré toute cette inflation – ou peut-être devrions-nous dire, à cause de toute cette inflation – le prix d’or, en termes de pouvoir d’achat, est resté stable du premier au quatrième siècle. Leurs trois successeurs immédiats descendent tous les deux de la gens Claudia, par le frère de Tibère, Nero Claudius Drusus, et de Julia, soit par Julia l’Aînée, la fille d’Auguste de son premier mariage (Caligula et Néron), soit par la soeur Octavia Minor (Claudius).-}